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La Trinité au fil du temps

Du petit village dépendant de Carnac au Moyen Age, au centre nautique de réputation internationale qu'elle est aujourd'hui, La Trinité n'a cessé d'évoluer. Simple port de Carnac, elle est devenue indépendante au XIXe siècle. Pêche, industrie paludière, ostréiculture et aujourd'hui, nautisme, l'océan a été déterminant dans l'essor de La Trinité. L'architecture typique du bourg, le retable du XVIIe ainsi que les nombreux mégalithes, constituent une richesse patrimoniale à découvrir. […]

La Trinité sur Mer une commune en évolution

Au Moyen Age, La Trinité, n’est qu’un petit village dépendant de Carnac, qui connaît déjà une certaine activité portuaire. Elle porte alors le nom de Locqueltas, traduit par lieu de Gildas et n’abrite alors que deux familles de pêcheurs parmi les plus pauvres de la paroisse.

Le nom de La Trinité n’apparaît qu’à l’époque de l’édification de la chapelle en 1682. Elle s’impose tout d’abord  comme le port de Carnac qui n’avait pas la possibilité de recevoir les navires de gros tonnages qui approvisionnaient la région. C’est donc l'activité maritime qui fut déterminante dans l'essor de La Trinité.

Au fil du temps, l’animation du port a engendré des activités bien spécifiques justifiant l'autonomie du village, érigée en commune le 9 Mars 1864. Dès cette époque, le port est considéré comme le port de relâche le plus sûr de la côte. L’industrie paludière, introduite par les Romains, développée par les moines du Moyen Age, disparaît à la fin du XIX siècle.

Port de commerce mais aussi de pêche, par sa situation exceptionnelle dans l’estuaire de la ria, elle servait de refuge à près de 500 navires par an, outre les 300 bateaux de pêche qui y étaient attachés. Le quai a vu accoster les goélettes à l’époque du commerce de charbon et des poteaux de mine, ainsi que des chalutiers déverser leurs cargaisons de poissons.

Vers 1895 fut édifiée une poissonnerie en bois, moitié sur pilotis, moitié sur le quai. Elle a été rasée en 1923 pour faire place à une nouvelle criée plus moderne. L’importance de l’activité entraîne la prolongation de la ligne des trains jusqu’aux quais. L’augmentation du trafic  et l’arrivée de chalutiers motorisés nécessitent la rénovation du port dans les années 1945 à 1954.

« Berceau de l’huître plate »

Sa situation privilégiée sur la rive ouest de l’une des plus belles rias de la Bretagne sud nichée au fond de la baie de Quiberon  permit dès le XVIIIè siècle l’implantation des premiers parcs à huîtres dans le chenal  qui formait une vaste poche d’où le titre du « Berceau de l’huître plate ».

L’activité ostréicole fut très florissante de la fin du XIX siècle jusqu’en 1922 date de la première atteinte de la maladie de l’huître plate.

Toujours orientée vers la mer qui reste sa richesse et la base de son développement, La Trinité s’est résolument engagée depuis les années 1960 -1970 dans le nautisme de plaisance ; elle devient le port d’attache de grands voiliers et des multicoques.

A son origine et ce jusqu’en 1958 le port se terminait en cul de sac  place Yvonne Sarcey, à l’emplacement actuel de la Mairie. Il été agrandi à l’occasion du percement de la route vers Carnac-Plage, entraînant la destruction du « camp des américain », des baraquements en bois construits en 1918, dont il ne reste qu'une plaque commémorative.

Il a ensuite continuellement été agrandi et rénové pour s’adapter au trafic du commerce,de la pêche puis de la plaisance, notamment entre 1945 et 1954. Seul le vieux port subsiste. Les grands pins des pointes de Kerbihan et de Kervillen, dominent à la fois la rade, l’entrée du port et la baie de Quiberon.

Les salines de Kervillen sont dès le XVIIIè siècle, les plus importantes et les plus rentables de La Trinité. Le sel était stocké dans des greniers à sel  dont un subsiste. Les salines de Beaumer et de Kerdual témoignent également de cette activité passée.

Pont de type « Eiffel »

Ty Guard, la maison des gardes à la pointe de Ker Bihan, présente une cheminée massive, qui servait de tour de garde, à laquelle on accédait par un escalier extérieur. Elle servit longtemps aux « Gabelous » qui surveillais les marais salants de Kervillen et étaient chargés de donner l'alerte en cas de naufrage. Les anciennes cabanes des chantiers ostréicoles de la rivière de Crach et le Moulin à Marée du Latz offrent également quelque intérêt.

Le premier pont de Kerispert était du type « Eiffel » et comportait une cage métallique à une seule voie. Il avait été édifié en 1900 et fut détruit par les allemands en août 1944. Il fut remplacé en 1958 par l’ouvrage actuel dont le tablier repose sur un arc d’une portée de 86 mètres.

Situé en hauteur, le bourg très pentu surplombe le port. Il prit naissance grâce au rassemblement de quelques chaumières autour de la chapelle avant de s’étendre vers la mer source de prospérité. Dominant la rade, il se ramifie en petites ruelles étroites et sinueuses qui n’autorisaient pas la pénétration des vents forts.

Son architecture typique de village breton, ses maisons de pêcheurs du XIXe siècle, petites mais cossues, bordant des ruelles étroites aux murs de pierres sèches ajoutent à son caractère et à son authenticité. Dans ce dédale de rues, prenez le temps d'en arpenter quelques unes.

Patrimoine mégalithique

Dès 1682, une première chapelle fut édifiée à l'emplacement de l'actuelle église paroissiale.  Dès 1682, une première chapelle dont l’intérieur et la plupart des statues étaient polychrome, fut édifiée à l'emplacement de l'actuelle église paroissiale. En 1894 le clocher qui servait d'amer, point de repère pour les navigateurs, fut surélevé de plus de 10 mètres. 

En 1935, elle fut agrandie et devint une véritable église. Le retable, contemporain de l’ancienne chapelle (1682), placé derrière le maître-autel, représente la Sainte Trinité. Il a été classé monument historique en 1981 et restauré en 1995. La croix du recteur Baron, édifiée à Kerrousse, à la limite de Carnac aujourd'hui, alors que les communes n'étaient pas distinctes, perpétue le souvenir de ce prêtre réfractaire exécuté en 1800.

La Trinité possède un patrimoine mégalithique composé de dix huit monuments, plus ou moins ruinés, la plupart classés au répertoire des monuments historiques. De nombreux villages qui ont conservé leurs particularités, entourent La Trinité qui a conservé une vingtaine de puits ou fontaines quelquefois associées à un lavoir (doued).

Notons que la commune possède un cheminement piétonnier important. Le chemin des douaniers reste le plus connu et le plus fréquenté, le long de la rivière depuis le port jusqu’à la pointe de Kerbihan, Ker Villen. Mais le chemin du marais du Quéric, celui de Kervinio pour aller à Carnac, le chemin frontalier de Kerlescan et du Petit Ménec offrent des promenades charmantes.